samedi 22 août 2009

Sémio : L'éducation est une activité encadrée par une autorité légitime

L’éducation se définit comme la façon dont l’enfant est conduit de l’enfance à l’âge adulte dans le cadre social, et requiert une prise en charge de la société.
L’éducation est un processus de transmission, généralement des adultes aux enfants, qui cherchent à inculquer les règles fondamentales qui permettent la vie en société et l’accès à l’âge adulte.

Contrairement au jeu qui est une activité instinctive, que le jeune animal ou le jeune humain pratique de lui-même, même tout seul, l’éducation demande une contribution externe.

C’est une première différence fondamentale avec le jeu, qui place l’éducation dans la sphère de contrôle régie par la société, et non dans l’espace de liberté qui est celui de l’enfant.

Ludique

Educatif

Spontané

Contraint



Ce besoin d’une aide extérieure est d’autant plus important que l’éducation est aujourd’hui pensée comme un processus à étapes successives, qui ne peut se faire de manière désorganisée.

En effet, il n’est pas possible de laisser chacun « aller à l’aventure » et apprendre les savoirs dans n’importe quel ordre. Les savoirs transmis sont stratifiés et s’acquièrent dans un ordre particulier, certains savoirs étant des pré-requis pour l’acquisition des suivants. Ce qui suppose de fixer des contrôles, et des sanctions le cas échéant pour s’assurer de l’acquisition des savoirs par niveau.

L’ordre d’acquisition des connaissances est défini en fonction des étapes supposées du développement de l’enfant sur le (très) long terme. Les experts en sciences de l’éducation et les psychologues ont cherché à comprendre ces étapes du développement psychologique de l’enfant, généralement en lien avec l’âge.

Parmi les travaux les plus célèbres, ceux de Piaget ont montré que l’enfant apprend selon des stades bien déterminés, avec des structures qui s’acquièrent dans un ordre précis. Ainsi, dans les étapes de l’apprentissage, l’enfant sait d’abord appréhender les chiffres, puis les grands nombres et la géométrie, conceptuellement plus difficile.























Dans la lignée des travaux de Piaget, d’autres savants ont mis en évidence l’existence d’étapes dans l’acquisition des notions. Par exemple dans le jeu, l’enfant commencerait par acquérir la légalité du jeu, suivant les règles à la lettre. L’essentiel pour lui à ce stade étant de bien respecter les règles, toute tricherie devenant source de grande perturbation. Viendraient ensuite les notions de justice puis de moralité, le mérite à gagner, les coups du sort, etc.

Bien qu’elle suppose une stimulation externe, l’éducation ne peut être scindée entre d’une part les activités passives (recevoir les enseignements) et d’autre part une démarche active de l’enfant (lire, apprendre…).

Cette idée est mise en scène chez Platon avec l’esclave qui redécouvre, grâce à ses souvenirs et à sa discussion avec Socrate les règles de géométrie qu’il connaissait mais avait oubliées (Ménon de Platon). Il faut recevoir des stimulations externes pour avoir l’occasion de révéler ses capacités, bien que ces stimulations ne puissent être reçues que si l’individu s’est préalablement construit une structure d’accueil adaptée.


L’éducation est tournée vers un enjeu

Contrairement au jeu, l’éducation n’est pas à elle-même sa propre fin : elle recouvre en réalité 3 grands domaines.
  • Transmission de savoirs, de connaissances livresques, encyclopédiques sur des domaines éclectiques : l’art, l’histoire, la géographie, la culture générale, les langues…etc.

  • Transmission de discipline physique (à noter que nous parlons d’ailleurs « d’éducation physique » à l’école). Savoir se tenir, acquérir de la force, de l’endurance pour vivre dans un corps sain.

  • Transmission morale, éthique, de valeurs qui se fait généralement par le biais d’activités ludiques. Les spectacles, la littérature, la peinture, le cinéma ou le jeu développeront aussi bien le sens du Bien et du Mal que la sensibilité esthético-morale.

Mais le processus éducatif a vocation à s’achever et vise son propre dépassement : il n’est pas question de fabriquer des « élèves professionnels ». L’éducation consiste à conduire l’enfant vers l’âge adulte, vers un sujet autonome et indépendant, de sorte qu’au final « l’élève puisse dépasser le maître. »

Contrairement au jeu qui est orienté vers lui-même, l’éducation suppose son propre dépassement.

Ludique

Educatif

Auto-télique

Para-télique



Dans la morale antique, l’éducation désigne l’acquisition intégrée et complète des connaissances indispensables, des savoirs, des capacités physiques, morales, émotionnelles et psychologiques qui doivent permettre au citoyen de devenir libre et finalement de s’affranchir de son éducateur. Il acquiert une autonomie d’action et de jugement qui lui permettra de se forger une opinion sans se conformer à des préjugés.