lundi 13 juillet 2009

La télévision peut-elle “éduquer” sur le mode ludique ?

La télévision est perçue par les parents comme ayant a priori peu d’affinités avec le ludo-éducatif, en comparaison de l’ordinateur notamment. Elle souffre de son image de média surpuissant avant tout dédié au divertissement, avec les critiques traditionnellement évoquées :

  • La télévision est principalement associée à des contenus purement divertissants et à un moment de décompression.
    - Moi, vraiment à part c’est pas sorcier, je ne vois pas ce que ca peut lui apporter.

  • La plupart du temps, l’interactivité est absente des programmes télévisés et ce support est associé à un état passif de l’enfant (face à l’ordinateur ou à la console qui permettent à l’enfant d’être agissant).
    - Obnubilé, captivé
    - Assis, immobile.
    - La TV c’est un aimant

  • Les parents ont souvent l’impression que les contenus culturels / éducatifs sont oubliés dès que le programme est terminé
    - Ils vont emmagasiner plein de choses mais si je lui pose la question, il retient pas

  • La télévision est un écran difficile à contrôler par les parents qui ne sont pas sûrs de ce que les enfants regardent : ils peuvent zapper, enchaîner les programmes…
    - Il me demande d’aller regarder mais je lui dis de ne pas regarder n’importe quoi

  • Certains programmes directement destinés aux enfants sont même épinglés pour leur caractère anti-éducatif (mauvais français, vulgarité, violence, vacuité…).
    - Y’a des dessins animés à éviter sur les chaînes enfants genre Titeuf, ils disent n’importe quoi.
    - Il y a des dessins animés pour enfants qui sont vraiment débiles : Oggy et les cafards par exemple…
    - Tous les trucs violents, et ils y en a même sur les chaînes enfants, genre mangas, c’est à éviter pour moi.

En outre, les parents évoquent une difficulté à repérer dans l’offre des chaînes les programmes qui pourraient avoir une dimension éducative :

  • Ils sont jugés peu nombreux et perdus dans un flot de programmes strictement divertissants (dessins animés,…)
    - Beaucoup de contenus mais il n’y a pas assez d’émissions intéressantes.

  • Les émissions culturelles (reportages, documentaires) sont souvent programmées à des plages horaires souvent peu adaptées aux enfants
    - « Il était une fois » ca passe très tard donc je lui enregistre

Pourtant, la réticence des parents à attribuer à la télévision une légitimité « éducative » semble davantage idéologique que pratique :

    - L’écran de télévision en lui-même comporte des atouts pour les apprentissages.

    • De plus en plus grand avec le développement des écrans LCD et plasma, il offre une qualité d’images incomparable : l’écran est grand, l’image de bonne qualité, les plus équipés ont même des enceintes.

    • Les téléspectateurs ont généralement un grand confort de visionnage : assis dans un canapé, avec du recul sur l’écran (contrairement à une chaise devant un ordinateur)

    .

  • L’écran de télévision permet de faire converger la famille : l’écoute peut se faire à plusieurs et susciter des échanges sur le contenu.
    - On échange mais après
    - Pendant ils sont concentrés. Après on en parle.

  • La posture du téléspectateur peut être active à plusieurs niveaux : possibilité d’enregistrer, d’accélérer, de faire une autre activité en même temps.

  • L’écran de télévision fonctionne également comme un réceptacle pour d’autres activités :

    • Les , Vécu Parentsconsoles de jeux de salon.

    • Les lecteurs DVD.

- Les outils qui entourent la télévision aujourd’hui, en particulier le PVR, permet une utilisation éducative de la télévision. Certains parents enregistrent les programmes pour pouvoir :

  • les passer à leur enfant sans les plages de publicité

  • maîtriser le contenu
  • choisir l'horaire d'écoute
Pour de nombreux parents, la dimension éducative de la télévision passe, au-delà des contenus, par l’usage qui en est fait : l’objectif est notamment d’apprendre à leurs enfants à choisir ce qu’ils regardent au lieu de se « poster » devant un flux.

Le média télévision est donc particulièrement adapté d’un point de vue éducatif pour :

  • les apprentissages qui passent par une dimension visuelle / spectaculaire : expériences physiques en direct dans « Prouve-le » ou « C’est pas sorcier », documentaires animaliers, etc.

  • les apprentissages dont les héros se font le porte-parole (ex. Dora) ; la récurrence de ces programmes crée une familiarité avec le héros et favorise les rendez-vous d’apprentissage.

  • la dimension familiale permise par le grand écran : l’écoute à plusieurs possible suscite un partage et des échanges, cette triangulation est la clé de voûte de l’éducatif via l’écran.