mardi 28 juillet 2009

La séparation ludo/éducatif avec l'âge


L’acceptabilité de l’intention éducative dans une activité est cruciale pour son attractivité pour l’enfant : tout l’enjeu est de tenir à distance la sensation d’un « travail ».Cela dépend à la fois de l’âge de l’enfant et de la posture de l’adulte.
(cliquez sur l'image pour agrandir)




Le critère de l’âge est essentiel : plus on est petit, moins l’apprentissage est associé au travail :

  • chez le petit enfant, le jeu et l’apprentissage sont intimement mêlés : toute expérience, toute découverte, est à la fois ludique et éducative
  • les plus petits établissent un continuum entre jeu et apprentissage.

Quand l’enfant grandit, il prend conscience d’une différenciation jeu = amusement mais apprentissage = travail. Et cette opposition jeu / travail se radicalise à mesure que l’enfant avance dans le parcours scolaire.
- Plus ils grandissent, moins ils sont dupes

Cf schéma


Les âges charnières :

Selon l’expérience des foyers interviewés, jeu et apprentissage se dissocient progressivement jusqu’à s’opposer :
  • Entre 0 et 3 ans, le jeu et l’apprentissage sont totalement imbriqués dans les activités des enfants ; on parle de découverte, d’éveil, d’initiation. Tout jeu est un apprentissage, tout apprentissage est un jeu.

  • Jusqu‘à 5 ans environ, l’enfant prend conscience qu’il ne fait pas que jouer mais qu’il apprend aussi. Mais apprendre reste encore un jeu pour lui.

  • À partir de 6-7 ans, l’entrée en primaire amène la conscientisation du travail d’apprentissage VS l’apprentissage « naturel » vécu jusqu’alors. L’entraînement pour les apprentissages de base comme l’écriture et la lecture sont de fait rattachés au scolaire. C’est à partir de cette période que les enfants commencent à manifester une attirance plus spontanée vers des jeux clairement divertissants, défouloirs.

    - mes enfants ils vont préférer jouer au pokémon, jeux de combats, dragon ball, des jeux que je trouve stupide, où il faut y aller / jeux de DS que des jeux ludo-éducatifs, (lapin malin, cérébral académie…) ça leur plait moins.
    - après quand ils grandissent, c’est plus du ludo-éducatif,
    - Dès que c’est acquis (écriture, lecture) ça les intéresse moins
    - Quand ils sont petits ils jouent facilement, c’est de l’éducatif de base. Quand ils sont plus grands, si on reste dans le même terme,ils n’ont plus envie.

  • Après 8 ans et de façon plus radicale après 10-12 ans, les enfants séparent clairement ce qui tient du jeu pur et les contenus qui manifestent une dimension éducative trop rattachée au scolaire ou à la culture légitime.
    - Les jeux éducatifs, ils en veulent moins.
    - Quand ils grandissent c’est plus de la révision scolaire pratiquement


L’éducatif passe alors davantage à travers :
  • les jeux de culture générale tous publics (Trivial Poursuit, Questions pour un champion, Qui veut gagner des millions,…)
  • les jeux qui font appel à des compétences qui ne sont pas directement scolaires : stratégie, logique, comportement, social, psychologie, développement personnel,…
    - ils passent à des jeux, qui sont éducatifs parce qu’il y a autre chose que du scolaire (stratégie, logique, relationnel)
La perception de la visée éducative d’un jeu par les enfants à partir de 8/10 ans tient notamment à l’explicitation dans le nom :
  • du lien au scolaire (« Les Incollables CM1/CM2 »)
    - Surtout pas relier au niveau scolaire, c’est radical, c’est non
    - Quelque chose de différent de l’école sinon ils trouvent ça rébarbati
    f

  • de la notion d’apprentissage (« Apprends les maths », « Practice english »)

  • des connaissances ou compétences visées (« Cerebral Academy », « TV Neurones »)
    - ca passe moyen pour les enfants, c’est trop explicite


Les dénominations centrées sur le ressort ludique ou attachées à un nom de héros sont plus attractives pour les enfants : « Takatrouver », « Jeux-pourenfants.fr », « Nicoland », « Apprends l’anglais avec Dora ».